L’ÉPICERIE D’AUJOURD’HUI

Depuis toujours, l’épicerie québécoise s’est façonnée au rythme de l’évolution du consommateur. Plus que jamais en 2012, les détaillants de la province, qu’ils exploitent ou administrent de petites, de moyennes ou de grandes surfaces, doivent s’adapter à une multitude d’enjeux économiques, sociaux, politiques et environnementaux.

On ne fait définitivement plus commerce comme on le faisait dans les années 1960. Aujourd’hui, l’épicerie québécoise est performante, responsable, durable, multiethnique et à la fine pointe de la technologie. L’industrie alimentaire est, au fil des ans, devenue un moteur de changement pour tous les détaillants, distributeurs et manufacturiers d’ici. C’est d’ailleurs de cette épicerie et de cette industrie dont témoigne, dix fois par année, la revue L’alimentation.

Karine Moniqui, rédactrice en chef





Défier toute concurrence?

Alors qu’ils étaient 9000 au Québec il y a à peine deux ans, ils ne sont plus que 8000 aujourd’hui. Au Québec, les détaillants propriétaires font figure de pionniers, mais ils sont eux aussi confrontés aux bouleversements du marché. Ils poussent littéralement des concurrents à chaque deux coins de rue : pharmacies, grandes surfaces généralistes, magasins à escompte, et autres. Dans ce marché, les dépanneurs et les magasins de petites surfaces peinent à tirer leur épingle du jeu; les épiceries de plus grandes surfaces doivent, elles aussi, ramer fort en des eaux tumultueuses. Combien de temps résisteront-elles à cette tempête de concurrence? Nous sommes en droit de nous poser cette question, surtout depuis l’arrivée des Walmart de ce monde dans le secteur alimentaire.

Mais les détaillants n’ont-ils pas toujours vécu avec une certaine forme de concurrence, entre les grandes bannières par exemple? N’ont-ils pas eu, au fil du temps, à relever le défi de séduire un consommateur qui, du jour au lendemain, peut décider d’aller voir ailleurs? En 2012, la grande différence réside dans le fait que cette concurrence arrive de toutes parts, une multiconcurrence comme on l’appelle dans l’industrie. Il faut aussi savoir que les marges de profits des détaillants ne sont plus les mêmes, s’amoindrissant d’année en année. Les détaillants doivent maintenant utiliser une véritable gymnastique de gestionnaires pour maintenir leur commerce à flot.

L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), qui représente justement ces 8000 détaillants propriétaires, croit plus que jamais que les détaillants doivent unir leurs forces pour mieux faire face à ces changements, dans une industrie qui se consolide et se centralise de plus en plus. C’est d’ailleurs le plan de match de Daniel Choquette, élu président du conseil d’administration de l’ADA en novembre dernier et lui-même détaillant propriétaire. Nous l’avons rencontré pour discuter de sa tactique d’entraîneur-chef pour mener son équipe de détaillants à bon port. Une stratégie pour défier toute concurrence!

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